Un récent rapport reposant sur l'analyse de 1,7 million de participants répartis dans près de 7 000 régimes à travers 17 secteurs économiques canadiens a été effectué par Sun Life. Il s'agit de l'une des bases de données les plus importantes du marché canadien des régimes collectifs de retraite et elle met en lumière plusieurs tendances que les conseillers devraient intégrer dans leurs discussions avec les promoteurs de régimes. Les principaux constats de cette analyse sont les suivants :
Les régimes de retraite deviennent un enjeu stratégique
L'une des conclusions les plus importantes du rapport est que les travailleurs ne comparent plus seulement leur régime à ceux de leur propre secteur. Ils évaluent désormais les offres de différents employeurs et secteurs lorsqu'ils prennent des décisions de carrière. Cette réalité transforme les régimes collectifs de retraite en véritable outil de recrutement et de rétention pour les employeurs.
Un employeur pourrait donc être concurrentiel dans son industrie sans nécessairement être réellement compétitif par rapport à des employeurs qui recrutent le même bassin de talents.
Une croissance marquée des actifs depuis 2022
Une bonne nouvelle est que les soldes des actifs des régimes ont connu une croissance importante au cours des dernières années. Dans la majorité des secteurs, les soldes moyens ont augmenté d'environ 30 % depuis 2022, soutenus par les rendements boursiers favorables et la régularité des cotisations.
Les secteurs ayant affiché les plus fortes progressions sont :
Services publics : +42 %
Consommation de base : +36 %
Cependant, les écarts entre les secteurs demeurent considérables. Le solde moyen d'un participant varie d'environ 59 000 $ à plus de 205 000 $ dans certains secteurs comme celui du pétrole, gaz et combustibles.
Les secteurs d’activité qui se distinguent par leurs cotisations
L'analyse des cotisations met en évidence une corrélation claire entre le niveau d'épargne et les résultats à la retraite.
Les secteurs affichant les cotisations combinées employeur-employé les plus élevées sont :
Pétrole, gaz et combustibles : 26 000 $
Télécommunications : 20 100 $
Énergie : 15 200 $
Services publics : 14 900 $
Matériaux : 14 400 $
À l'inverse, plusieurs secteurs présentent des niveaux de cotisation nettement inférieurs à la moyenne intersectorielle de 12 700 $.
Pour les conseillers, cette donnée représente souvent le principal levier d'intervention. Une amélioration graduelle de la formule de cotisation peut générer un impact significatif sur l'accumulation à long terme tout en renforçant la proposition de valeur de l'employeur.
L’utilisation du portail adhérent numérique est associé à de meilleurs résultats
Le rapport confirme une tendance observée depuis plusieurs années : les participants les plus engagés numériquement obtiennent généralement de meilleurs résultats d'épargne. Le rapport indique même que les participants actifs sur ces plateformes numériques présentent des soldes supérieurs de plus de 230 % à ceux qui ne sont pas engagés numériquement.
L'utilisation des outils numériques atteint désormais une moyenne de 69 % et varie de 43 % à 86 % selon les secteurs.
Le message pour les promoteurs est clair : améliorer l'expérience numérique n'est plus un simple projet technologique, mais un véritable outil d'amélioration des résultats retraite.
Les fonds à date cible dominent désormais le marché
L'uniformisation des pratiques de placement constitue une autre constatation importante.
Les fonds axés sur une date d'échéance demeurent l'option de placement par défaut la plus populaire dans pratiquement tous les secteurs étudiés. Plus de 80 % des régimes offrent aujourd'hui ce type de fonds.
Il est important de noter que cette approche contribue à :
Maintenir une diversification adéquate;
Ajuster automatiquement le niveau de risque selon l'âge;
Limiter les erreurs comportementales des participants;
Favoriser le maintien de l'investissement à long terme.
Les employeurs devraient donc porter une attention particulière à la qualité des options par défaut offertes puisque la majorité des participants ne modifieront jamais leur choix initial.
Les PME représentent une occasion majeure
Malgré le fait que les PME représentent 98 % des entreprises canadiennes et emploient près des deux tiers de la main-d'œuvre du secteur privé, une grande proportion des travailleurs n'ont toujours pas accès à un régime collectif.
Pourtant :
76 % des travailleurs souhaitent que leur employeur joue un rôle actif dans leur sécurité financière;
Seulement 44 % bénéficient actuellement d'un programme d'épargne collective;
83 % affirment qu'ils se sentiraient plus en sécurité chez un employeur offrant un régime collectif.
Pour les conseillers, ce segment demeure l'un des plus importants vecteurs de croissance des prochaines années.
En résumé
Les données du rapport démontrent que les meilleurs résultats de retraite ne sont pas le fruit du hasard. Les secteurs qui obtiennent les soldes les plus élevés combinent généralement des cotisations généreuses, une forte participation, un engagement numérique soutenu et des solutions de placement bien conçues. Pour les conseillers en régimes collectifs, ces constats offrent une excellente occasion de transformer les données sectorielles en recommandations concrètes permettant aux promoteurs de renforcer leur compétitivité tout en améliorant la préparation financière de leurs employés à la retraite.
Source
Sun Life : Objectif épargne | Garanties collectives et régimes de retraite au travail




