Êtes-vous sensible aux frais? Vos clients le sont peut-être...

Investissement et retraite
20 septembre 2019
Robert Lachance

Au cours des dernières années, de plus en plus de nos clients nous questionnent sur les frais. Évidemment, ils trouvent tous les frais trop élevés, gracieuseté de la presse financière qui véhicule le mantra « pourquoi payer des frais, faites-le vous-même ».

Bien que de très nombreuses études démontrent clairement la valeur ajoutée d’un conseiller ou d’une conseillère, nos clients font malheureusement la sourde oreille. Alors que faire pour garder nos clients heureux tout en gérant de façon efficace leur portefeuille? Pouvons-nous créer une situation gagnant/gagnant? Vous vous doutez de la réponse, oui nous le pouvons.

En effet, nos fournisseurs mettent de plus en plus de FNB à notre disponibilité. Bien que je sois un fervent partisan de la gestion active, surtout en fin de cycle comme présentement, il y a des situations où celle-ci n’est pas toujours à la hauteur de nos attentes. En effet, il existe des marchés où l’avantage de la gestion active est très faible, principalement dû à la grande efficacité du marché. Je pense entre autres au marché américain représenté par le S&P 500. Cet indice est particulièrement difficile à battre, son efficacité ne fait plus de doute. Du côté des obligations, les taux (coupons) sont tellement bas que les frais (RFG) peuvent être un obstacle à une performance acceptable à long terme. À l’opposé, les marchés internationaux, incluant dans une certaine mesure le Canada, n’affichent pas la même efficacité. Cette relative inefficacité va permettre aux bons gestionnaires de se démarquer et offrir un rendement, net de frais, supérieur à leur indice de référence.

« Comme vous pouvez le constater, certains marchés ne sont pas parfaits, il y a alors des possibilités qui s’offrent à nous. Pouvons-nous profiter de ces inefficacités pour construire un portefeuille qui nous permettra d’atteindre les trois objectifs suivants : rendement compétitif, frais plus bas et allocation d’actif optimale? Essayons! »

Voici un exemple parmi de nombreuses possibilités qui existent. Le portefeuille commence en juillet 2015 jusqu’en juillet 2019. Les données sont fournies par Morningstar LabAdvisor.

Portefeuille en gestion active

Nom du fonds

% du portefeuille

Ratio de frais de gestion

Rend. cumulatif

Manuvie à revenu stratégique F

40 %

0,99 %

13,3 %

CI Cambridge Can de Dividendes F

15 %

1,32 %

43,1 %

Sun MFS cat croiss. américaine F

15 %

1,18 %

71,7 %

Mack. Croiss. moyenne cap amér. F

15 %

1,33 %

61,7 %

CI Black Creek chefs de file mond. F

15 %

1,36 %

40,7 %

TOTAL

100 %

RFG moyen : 1,175 %

37,9 %

 

Portefeuille mixte gestion active / gestion passive

Nom du fonds

% du portefeuille

Ratio de frais de gestion

Rend. cumulatif

BMO Port. FNB à revenu fixe     F

40 %

0,51 %

10,3 %

Invesco S&P/TSX ETF faible vol.  F

15 %

0,67 %

34,7 %

Invesco S&P 500 ETF faible vol.  F

15 %

0,71 %

52,4 %

Mack. Croiss. moyenne cap amér. F

10 %

1,33 %

61,7 %

Dynamique mond. dividendes  F

20 %

1,11 %

68,5 %

TOTAL

100 %

RFG moyen : 0,767 %

37,1 %

Vous avez donc deux exemples de portefeuilles, l’un en gestion active pure et l’autre comportant un mixte de gestion active et gestion passive. Dans le cas de la gestion active, le RFG est de 1,175 % soit environ .40 % de plus que le portefeuille mixte. Avez-vous concédé du rendement? Pas réellement, car sur la période de juillet 2015 à juillet 2019 la différence de rendement cumulatif est de 0,6 %. Cela représente pour un portefeuille de 100 000 $ une différence de 827 $ sur la période.

Que dit l’indice de référence? Nous avons choisi comme indice de référence le Morningstar équilibré mondial d’actions. Celui-ci pour la même période donne un rendement cumulatif de 19,8 %. Nos deux portefeuilles fictifs ont donc très bien fait par rapport à l’indice de référence qui est le plus représentatif de l’allocation d’actif des portefeuilles fictifs.

En supposant que vous demandez un honoraire de 1 % à votre client, le portefeuille mixte vous permettra d’avoir un frais total inférieur à 2 %.  Ce qui à mon sens est excellent.

En conclusion, travailler à réduire les frais pour un client (pour le satisfaire) n’implique pas pour vous d’avoir une rémunération réduite ou concéder du rendement, c’est juste d’utiliser à de façon stratégique les outils que nos fournisseurs nous offrent pour mieux répondre aux besoins d’un client. N’oublier pas un client heureux est un très bon ambassadeur.

Ces articles pourraient aussi vous intéresser

Meilleures pratiques d'affaires

Le cercle vicieux de la quête technologique

Courir après la dernière nouveauté technologique promet efficacité et performance… mais à quel prix ? Cette quête incessante peut rapidement devenir un cercle vicieux où la technologie dicte les décisions plutôt que de les soutenir. Et si le vrai progrès commençait par un pas de recul ?
Assurance vie

Le choc des titans : deux assurances permanentes

Depuis plusieurs décennies, deux grandes catégories d’assurance vie permanente dominent le marché : la vie universelle et la vie participative. Souvent présentées comme comparables, elles reposent pourtant sur des logiques profondément différentes. Pour le conseiller en sécurité financière, le choix entre ces approches dépasse largement la simple comparaison d’illustrations. Il s’agit de déterminer quelle structure correspond réellement à la situation du client, à son horizon et à sa tolérance au risque. Comprendre les forces et les limites de chaque solution demeure essentiel pour formuler une recommandation solide et durable.
Prestations du vivant

Conseiller la jeune génération à l'ère des «finfluenceurs»

La génération Z navigue dans un univers numérique où les conseils financiers affluent, mais pas toujours de sources fiables. Entre experts certifiés et « finfluenceurs », ces jeunes adultes cherchent des repères pour bâtir leur avenir financier. Comme conseiller, votre rôle est plus crucial que jamais pour les guider avec rigueur, clarté et authenticité.
Tarification

L’importance du gestionnaire de dossier lors de la soumission d’une proposition d’assurance

Dans l’assurance de personne, l’efficacité et la rapidité du traitement des nouvelles affaires jouent un rôle déterminant dans l’expérience vécue par les clients. Derrière chaque proposition qui entre en tarification se trouve souvent un acteur clé, parfois méconnu, mais essentiel. Le gestionnaire de dossier au sein d’un agent général.